45 000 visiteurs : le Hero Festival fait évader Marseille

45 000 visiteurs : le Hero Festival fait évader Marseille

La bienveillance du cosplay rassemble toutes les générations au Hero Festival

Au Parc Chanot de Marseille, ce week-end, les allées se sont emplies d’armures faites main et de sourires communicatifs : la 12e édition du Hero Festival a réuni plus de 45 000 visiteurs et 300 créateurs sur 30 000 m², répartis sur trois halls et trois scènes. À une époque où les angoisses quotidiennes pèsent lourd, ce rassemblement de pop culture est devenu bien plus qu’une fête de loisirs. Pour les passionnés qui y affluent, c’est un espace d’évasion, de bienveillance et de confiance en soi, une porte d’entrée vers le merveilleux dont on manque cruellement.

Pour l’organisateur Marc Lefèvre, l’événement a changé de nature. « Le Hero Festival est né il y a 12 ans au Parc Chanot, au départ c’était l’idée de créer un rassemblement entre passionnés. On est rendu aujourd’hui à la 12e édition qui s’étend sur trois halls, 30 000 m², trois scènes et 45 000 visiteurs. On s’est rendu compte qu’on sortait d’une pure activité récréative ou de loisir à une vraie activité culturelle. La néo-culture dépasse aujourd’hui bien au-delà des loisirs, c’est devenu un art comme les autres », explique-t-il.

Face au poids du quotidien, le festival tient ses promesses. « Notre objectif, c’est de faire rayonner la ville et de faire rayonner toutes les activités qui nous sortent du quotidien. C’est vraiment une sorte de bulle de bienveillance », insiste-t-il.

Ce bienfait se mesure dans les parcours individuels. Cloé, alias Yuna_Omega, 27 ans, est venue spécialement de Paris pour incarner Anastasia. Pratiquante du cosplay depuis 2016, elle témoigne : « Le cosplay m’a vraiment permis de m’ouvrir parce que je suis une fille très très timide, très réservée de nature. Pour pouvoir m’ouvrir aux gens, le cosplay m’a vraiment aidée, ça m’a permis de me trouver moi et de grandir, de m’épanouir. Sans le costume, ça m’a vraiment aidée dans ma vie de tous les jours. Ça permet de nous évider, de nous sortir de notre quotidien, faire jouer le rôle d’un personnage même si c’est le temps d’un week-end, ça nous fait un bien fou. »

Même constat pour une autre Chloé, venue de Nice en compagnie de sa maman, sous les traits de Rappa, un personnage de Honkai: Star Rail. Pour elle, le cosplay a été un soutien précieux dans des moments de vie difficiles. « J’ai pu être isolée socialement car je suis tombée malade et ça m’a fait arrêter mes études. Grâce aux réseaux, au cosplay et à l’univers manga/anime, j’ai pu vraiment me reconcentrer sur tout ça et aller beaucoup mieux. Quand on est dans un cosplay, on est un personnage, on n’est pas vraiment nous-mêmes et ça aide à aller beaucoup plus de l’avant, de se sentir plus à l’aise. Ça m’a fait beaucoup gagner confiance en moi. »

Au-delà de l’incarnation de personnages, le cosplay relève d’une aventure humaine où les barrières sociales et d’âge s’effacent. Priscilla et Loïc, un couple de trentenaires qui pratique cette discipline depuis une dizaine d’années et incarnait ce week-end des personnages de Resident Evil, soulignent l’esprit de partage de la communauté. « On a l’impression d’être dans notre bulle. Quand on fait du cosplay, on incarne un personnage du matin jusqu’au soir, on oublie tout le reste et ça fait du bien au moral. Ça permet de sortir de notre zone de confort, de rencontrer de nouvelles personnes et aussi des anciens. Ça devient un cercle d’amis. Le fait de sortir et de faire du cosplay, ça permet de voir des personnes que je n’aurais même pas saluées en les croisant dans la rue », confient-ils.

Interrogé sur l’ouverture de leur univers, Loïc insiste sur la bienveillance ambiante. « Même si on rencontre un petit qui a fait du cosplay, on va s’approcher de lui, on va lui dire que c’est très bien ce qu’il fait. Même si le cosplay n’est pas encore parfait, c’est le premier pas qui compte. » Priscilla abonde : « Je pense qu’on est même les plus ouverts. »

Cette magie intergénérationnelle, c’est aussi la valeur revendiquée par le fondateur. « C’est notre valeur, c’est d’être intergénérationnel, de pouvoir rassembler les gens par l’âge, par la passion. Il n’y a pas d’âge, il n’y a pas de sexe. Vous pouvez être qui vous le souhaitez », conclut Marc Lefèvre. À voir l’affluence au Parc Chanot cette année, la bulle de bienveillance marseillaise a encore de beaux jours devant elle.

Questions-réponses

Quelle était l'ampleur de la 12e édition du Hero Festival à Marseille ?

Plus de 45 000 visiteurs et 300 créateurs, répartis sur trois halls, trois scènes et 30 000 m² au Parc Chanot.

Quels bienfaits personnels le cosplay apporte-t-il selon les festivaliers ?

Selon les participants, il favorise la confiance en soi, l'ouverture aux autres et aide à traverser des moments difficiles, comme l'illustrent les témoignages de Cloé et de Chloé.

Comment l'organisateur décrit-il l'évolution du festival ?

Marc Lefèvre estime qu'il est passé d'une pure activité récréative à une véritable activité culturelle, la néo-culture étant désormais un art comme les autres.

Que signifie la dimension intergénérationnelle du festival ?

C'est sa valeur revendiquée : rassembler les gens par l'âge et par la passion, sans barrière d'âge ni de sexe, chacun pouvant incarner qui il souhaite.