Deux arrêtés préfectoraux encadreront Caen le samedi 7 novembre 2026, de 12h à 18h, avec un régime de sanctions chiffré allant de 135 euros d’amende forfaitaire à 7 500 euros et six mois d’emprisonnement pour les organisateurs. Le préfet du Calvados a pris ces textes dans la perspective de rassemblements annoncés sans déclaration préalable ni itinéraire défini. L’enjeu est autant économique que sécuritaire : le coût d’une infraction est désormais clairement fixé pour les organisateurs comme pour les participants.
Le premier arrêté interdit les rassemblements et les cortèges dans un périmètre couvrant l’hypercentre de Caen ainsi que les rues et les rives de l’Orne et leurs abords. Le second, dans le périmètre défini en annexe, porte sur l’interdiction de la détention, du port, du transport et de l’utilisation de certains objets par les participants à un attroupement, sans motif légitime, durant la même fenêtre horaire de 12h00 à 18h00.
La liste des objets prohibés est détaillée. Elle couvre toute arme par nature et tous objets susceptibles de constituer une arme au sens de l’article 132-75 du Code pénal, ainsi que les articles pyrotechniques de divertissement. Elle vise aussi les substances combustibles transportées dans des bidons, jerricans ou tout autre contenant transportable de substances ou mélanges dangereux, inflammables ou corrosifs : essence, pétrole, gaz, alcool à brûler, méthanol, térébenthine, white-spirit, acétone, solvants, aérosols inflammables ou produits à base d’acide chlorhydrique.
Sont également interdits le port et le transport de produits de recouvrement, parmi lesquels la peinture, le vernis ou les aérosols de peinture de type bombe, ainsi que les objets destinés à dissimuler tout ou partie du visage afin de ne pas être identifié. L’arrêté exclut encore tout équipement de protection conçu pour mettre en échec les moyens des représentants de la force publique, et tout élément destiné à nuire à la libre circulation des personnes dans l’espace public.
Sur le plan financier, l’échelle des sanctions est à deux niveaux. Toute personne contrevenant à l’interdiction de manifester dans le périmètre concerné s’expose à une contravention de 5e classe, soit une amende de 135 euros. Pour les organisateurs, la facture est beaucoup plus lourde : ceux de manifestations interdites, même partiellement, encourent des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende.
Meanwhile, pour faire respecter ces mesures, un dispositif renforcé associant des actions de prévention et la mobilisation des forces de sécurité sera déployé tout au long de la journée du 7 novembre, afin d’anticiper tout risque de débordement. Les forces de sécurité seront pleinement mobilisées pour prévenir les atteintes à l’ordre public et assurer la sécurité des personnes et des biens. L’interpellation des auteurs de violences, de pillages et de dégradations sera systématiquement recherchée.
Le préfet justifie ces mesures par la nécessité de prévenir les troubles à l’ordre public, de protéger les personnes et les biens et de garantir la sécurité de tous. Il appelle chacun à faire preuve de responsabilité et à respecter les dispositions prises. Reste à savoir si le poids de ces sanctions suffira à décourager les rassemblements annoncés ou si le centre-ville de Caen connaîtra, malgré tout, des débordements dont le coût dépasserait largement les montants fixés par les arrêtés.