La plateforme Parcoursup sera transformée, puis remplacée. C’est l’engagement le plus concret des mesures dévoilées lundi soir par le gouvernement en réponse à la crise lycéenne, et celui que les organisations étudiantes et lycéennes jugent avec le plus de scepticisme. À leurs yeux, rien ne garantit une mise en œuvre effective.
Le gouvernement a aussi annoncé un retour sur les suppressions de postes dans le secondaire et l’indexation des bourses sur l’inflation. Autant de chantiers dont la concrétisation reste, aux yeux des organisations concernées, largement à démontrer.
Les réactions n’ont pas tardé. L’intersyndicale jeunesse, qui réunit la Fage, l’Union étudiante, l’Unef et l’Union syndicale lycéenne, ainsi que les organisations Les Lycéens! et Renouveau lycéen, ont appelé lundi soir à ne pas arrêter le mouvement malgré ces déclarations.
“Toutes ces annonces sont largement insuffisantes. Il ne s’agit que d’effets d’annonce, ils croient pouvoir acheter la paix sociale en nous donnant des miettes”, a écrit l’Union étudiante dans un communiqué publié lundi. L’organisation y promet une présence massive dans la rue samedi 31 octobre, puis aux côtés des travailleuses et travailleurs jeudi 5 novembre.
C’est bien la question de l’exécution qui fonde les exigences des organisations. L’Union étudiante, la Fage, l’Unef et l’Union syndicale lycéenne (USL) demandent l’application concrète de 10 mesures, dont un plan d’urgence pour rénover les établissements, des embauches “massives de personnels éducatifs, de santé, d’accompagnement et d’orientation”, ou encore la revalorisation des bourses, pour un montant total de 10 milliards d’euros.
“La stratégie du gouvernement, c’est de répondre par des miettes, mais on ne s’en contentera pas, c’est pour ça qu’on appelle les étudiants à continuer à mettre la pression”, a estimé Manon Moret, secrétaire générale de l’Unef. “On voit que le gouvernement veut agir, pour autant, ce n’est pas le moment de baisser les bras avant d’obtenir des réelles choses”, a ajouté Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, première organisation étudiante.
Sabrine Karbach, porte-parole de l’Union étudiante, a fait le même constat auprès de l’AFP : “On arrive à avoir des gains avec la mobilisation, mais ça reste des miettes”. “Que ce soit les lycéens et les étudiants (…), on continuera à se mobiliser”, a-t-elle poursuivi, en citant la journée du 5 novembre, journée d’appel à la grève des syndicats de travailleurs.
Quelques minutes après avoir été reçu par le Premier ministre Sébastien Lecornu, Louis Letoublon, vice-président de l’organisation Les Lycéens!, avait expliqué lundi qu’il souhaitait “aller jusqu’au bout”. Selon lui, les organisations lycéennes et étudiantes doivent “s’engouffrer dans la brèche pour en tirer un maximum de choses”, une façon de souligner que l’écart entre les engagements pris et les résultats obtenus reste, pour l’heure, entier.
La suite du calendrier servira de test à ces annonces : samedi 31 octobre pour les lycéens et étudiants, jeudi 5 novembre pour la journée d’appel à la grève lancée par les syndicats de travailleurs. Entre les déclarations du gouvernement et leur transformation en services effectifs, rénovations d’établissements, embauches et revalorisation des bourses, la mobilisation entend vérifier ce qui sera réellement livré.
Maxence Kagni avec AFP