Wall Street dévisse : épargnants et retraites sous pression

Wall Street dévisse : épargnants et retraites sous pression

Une semaine de turbulence boursière qui touche directement l'épargne et les retraites des ménages

La Bourse de New York a clôturé en baisse vendredi, au terme d’une semaine agitée qui pèse directement sur les épargnants, les fonds de retraite et le pouvoir d’achat des ménages américains, dont les économies sont largement exposées aux fluctuations des indices.

La séance a été dominée par les interrogations sur le financement de l’intelligence artificielle. Le Dow Jones a cédé 652,82 points, soit 1,23%, à 52.215,16. Le S&P 500, plus large, a perdu 39,75 points, ou 0,51%, à 7.623,68. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a reculé de 53,51 points, soit 0,20%, à 25.955,34, une relative stabilité au lendemain de sa plus forte baisse quotidienne depuis juin.

Cette volatilité touche le portefeuille de millions d’Américains dont les retraites et l’épargne sont adossées à ces indices. Le Nasdaq a pâti cette semaine des inquiétudes sur les coûts de financement nécessaires pour soutenir les dépenses d’investissement massives dans l’IA, un dossier qui mobilise désormais l’attention générale autant que celle des investisseurs.

La plupart des secteurs du S&P 500 ont terminé dans le rouge. Les biens de consommation courante et les groupes financiers ont accusé les plus fortes baisses. À l’inverse, l’indice Philadelphia Semiconductor a rebondi de 0,44% après un important repli, tandis que le secteur technologique progressait de 0,35%.

Sur l’ensemble de la semaine, le S&P 500 et le Nasdaq ont reflé respectivement de 0,47% et de 0,71%, le Dow Jones grappillant 0,41%, soutenu notamment par les valeurs défensives.

Le secteur télécoms, dont les services concernent au premier chef le grand public, a été bousculé par une information selon laquelle SpaceX serait à la recherche de milliers de sites de téléphonie mobile. AT&T, Verizon et T-Mobile ont cédé respectivement 7,95%, 1,26% et 7,71%, tandis que SpaceX progressait de 1,89%. Les gestionnaires d’infrastructures mobiles comme Crown Castle et American Tower ont bondi de 9,13% et 4,07%.

L’énergie, dont les prix se répercutent directement sur les factures des consommateurs, a pris 2,51%, touchant en séance un niveau record à 1.071,51 points. Le baril de Brent a grimpé à un sommet depuis fin avril, à 117,45 dollars, après les attaques des Houthis en Arabie saoudite, ravivant les craintes d’une nouvelle perturbation des approvisionnements énergétiques en provenance du Moyen-Orient.

Les regards se tournent désormais vers la Réserve fédérale américaine (Fed), dont la décision prochaine de politique monétaire conditionnera le coût du crédit pour les ménages et les entreprises. Les contrats à terme sur les fonds fédéraux montrent que les opérateurs ont réduit leurs paris sur une hausse des taux directeurs en décembre après la chute de jeudi des marchés, mais évaluent toujours à 81% la probabilité d’une telle mesure, selon les données de LSEG.

La semaine prochaine, environ un tiers des entreprises du S&P 500 publieront leurs résultats trimestriels, dont trois géants de l’IA, Alphabet (-1,23%), Microsoft (+0,65%) et Amazon (-0,95%), dont les prévisions de dépenses d’investissement seront suivies de près à Wall Street.

“Les remous liés aux interrogations sur le secteur de l’IA se font encore sentir”, a souligné Kristina Hooper, cheffe stratège marchés chez Man Group. “Il est tout à fait possible que les investissements dans la construction de centres de données dédiés à l’IA soient l’année prochaine inférieurs aux prévisions. Je pense donc que cela donne matière à réflexion”, a-t-elle ajouté.

Sur le marché obligataire, le rendement des bons du Trésor à dix ans a pris 4,7 points de base, à 5,00%, au lendemain de sa plus forte baisse quotidienne depuis près de quatre ans, en lien avec les inquiétudes sur le caractère durable du redressement des actions liées à l’IA. Aux changes, le dollar a gagné 0,19% face à un panier de devises de référence, les investisseurs restant à l’affût d’indices sur l’orientation future de la politique monétaire de la Fed.

Article rédigé par Claude Chendjou, avec la contribution de Lewis Krauskopf, Tharuniyaa Lakshmi et Ragini Mathur.

Questions-réponses

Quels indices ont reculé à la clôture de vendredi ?

Le Dow Jones a cédé 1,23% à 52.215,16 points, le S&P 500 a perdu 0,51% à 7.623,68 et le Nasdaq Composite a reculé de 0,20% à 25.955,34.

Pourquoi les télécoms ont-ils été bousculés ?

Une information indiquait que SpaceX rechercherait des milliers de sites de téléphonie mobile, entraînant des chutes chez AT&T, Verizon et T-Mobile et des hausses pour Crown Castle et American Tower.

Qu'est-ce qui a fait monter les prix de l'énergie ?

Le baril de Brent a atteint 117,45 dollars, un sommet depuis fin avril, après les attaques des Houthis en Arabie saoudite, ravivant les craintes de perturbation des approvisionnements au Moyen-Orient.

Qu'attendent les marchés de la Réserve fédérale ?

Les opérateurs évaluent toujours à 81% la probabilité d'une hausse des taux directeurs en décembre, une décision qui conditionnera le coût du crédit pour les ménages et les entreprises.