Des cars immobilisés sur une aire d’autoroute, des passagers bloqués pendant des heures, puis un retour forcé vers Paris : la chaîne de transport organisée pour la mobilisation contre le congrès du Rassemblement National à Orléans s’est heurtée samedi à un verrou opérationnel jamais levé.
Le dispositif reposait sur des cars affrétés par des syndicats et des associations, partis de Paris dès 7 heures du matin pour rejoindre la cité johannique, point de départ du cortège prévu samedi 24 octobre. Parmi ces bus, trois, organisés par le collectif Solidarité Sans-papiers, se sont trouvés coupés du trajet. Arrêtés sur l’aire d’autoroute de Saran, avant même d’avoir atteint la ville, ils n’ont jamais pu reprendre la route vers Orléans. Les forces de l’ordre voulaient procéder à des contrôles d’identité, en vue de prendre des arrêtés d’OQTF.
Sur le terrain, le blocage a tenu plusieurs heures. Les 220 personnes à bord sont restées immobilisées sur l’aire pendant toute la durée des contrôles, sans que la situation ne se débloque. L’information a commencé à circuler dans les rangs de la manifestation, puis a été confirmée au cours de la mobilisation par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
Du côté des organisateurs du cortège, la conséquence logistique a été immédiate. Une partie des manifestants présents à Orléans a décidé de ne plus bouger, en signe de solidarité avec les passagers retenus. « Tant qu’ils ne laissent pas passer nos camarades sans papiers, on ne bouge pas, on partira quand on veut », a-t-on pu entendre au micro, tout comme « la rue elle est à nous, avec ou sans papiers ». Alors que la mobilisation officielle prenait fin, des cortèges sauvages se sont constitués en marge, pour réclamer « des papiers pour les sans-papiers ».
Le blocage a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux et chez des responsables politiques présents sur place. Clémentine Autain, députée ex-insoumise, a réagi sur X : « Encore une atteinte à la liberté de manifester ! Des cars venant de Paris sont empêchés d’arriver à Orléans pour marcher contre le RN et son projet néofasciste. Refusant de les laisser passer sans contrôle d’identité, les gendarmes ont menacé d’emmener la délégation de sans papiers au commissariat. Honteux ! » Le collectif Antifaparis19 a dénoncé sur ses réseaux une « entrave scandaleuse au droit de manifester et de circuler ». De nombreux internautes ont également accusé sur X une manipulation de l’extrême-gauche dont seraient victimes les passagers des bus. Le compte Frontières a rapporté que « deux cars de Solidarités sans-papiers, en route pour manifester contre le RN, ont été arrêtés sur l’aire de Sarran », précisant que « des contrôles sont en cours en vue d’éventuelles OQTF ».
Le dénouement opérationnel est resté le même jusqu’au bout : les cars bloqués ont dû rebrousser chemin et reprendre la route vers Paris, sous escorte policière. Selon les informations d’Europe 1, 150 notifications administratives auraient été dressées après le refus des passagers de décliner leur identité. Le compte rendu de la journée, tel que relayé par la presse, est disponible notamment via cette référence : https://www.valeursactuelles.com/societe/bloques-par-la-police-des-cars-de-sans-papiers-venus-manifester-contre-le-rn-a-orleans-contraints-de-faire-demi-tour
Au final, le dispositif de transport pensé pour acheminer les manifestants jusqu’à Orléans n’a pas atteint son objectif pour ces trois bus : aucune des 220 personnes transportées n’est parvenue à rejoindre le cortège, et l’ensemble du convoi concerné a fini par faire demi-tour vers la capitale. Reste à savoir si de prochains convois vers Orléans feront l’objet du même traitement.