TGV Nouvelle Génération : 4,6 milliards entrent en service

TGV Nouvelle Génération : 4,6 milliards entrent en service

Le retour sur dix ans d'investissement ferroviaire attendu sur la ligne Paris-Marseille

Un investissement de 4,6 milliards d’euros entre en service commercial le vendredi 6 novembre. Le TGV Nouvelle Génération de la SNCF accueillera ses premiers voyageurs sur la liaison Paris-Marseille, a annoncé l’entreprise ferroviaire ce mercredi 14 octobre. La mise en service clôt un programme industriel de grande ampleur: depuis 2018, la SNCF a commandé quelque 160 rames de nouvelle génération auprès d’Alstom, l’un des plus importants renouvellements de sa flotte à grande vitesse.

Le calendrier commercial de ce train fut longtemps un enjeu financier sensible. Connu sous le nom de «TGV M» à la SNCF et de «TGV Avelia» chez son constructeur Alstom, il a accumulé une succession de reports. Sa mise en service, initialement prévue pour les Jeux olympiques de Paris en 2024, avait été décalée à 2025, puis à janvier 2026 en raison de tiraillements entre le constructeur et l’exploitant, puis à l’été, et enfin à l’automne 2026, après une série de pré-roulages destinés à tester le système en grandeur réelle. Pour un opérateur comme pour un industriel, chaque glissement de calendrier retarde le retour sur un investissement de plusieurs milliards d’euros.

Entre-temps, la SNCF a envoyé une invitation aux rédactions pour participer au voyage inaugural, alors que des rumeurs circulaient depuis le début de la semaine sur les réseaux sociaux concernant la date du premier voyage commercial. Seront à bord le PDG du groupe SNCF Jean Castex, le directeur général de SNCF Voyageurs Jean-Aimé Mougenot et la directrice de TGV-Intercités Karine Dussert-Sarthe. Le ministre des Transports Philippe Tabarot devrait également faire le déplacement, selon l’invitation.

«C’est une étape majeure pour notre entreprise et pour la grande vitesse française. Elle vient couronner dix ans d’un programme industriel exigeant, porté avec talent et constance par des équipes remarquables», a salué Karine Dussert-Sarthe, balayant au passage les difficultés rencontrées par le projet. Un propos qui souligne l’ampleur de l’engagement industriel et financier consenti par les deux parties depuis près d’une décennie.

Sur le plan économique, la valeur du produit repose sur sa capacité. Grâce à ses deux étages, le train accueille 740 places par rame, soit plus de 1400 passagers d’un coup lorsque les rames sont doublées, ce qui lui confère 20% de capacité de plus que son prédécesseur. Un argument direct pour maximiser les revenus par circulation sur les axes les plus denses. Le tout en consommant 20% d’énergie en moins, grâce à un «nez» plus aérodynamique offrant une meilleure pénétration dans l’air, et en émettant 32% de CO2 en moins, selon la SNCF, des gains qui pèsent sur les coûts d’exploitation comme sur l’image commerciale de l’opérateur.

La commande s’est construite par paliers, reflétant la stratégie commerciale de la SNCF. En 2018, SNCF Voyageurs avait annoncé une première commande de 100 nouvelles rames TGV M à Alstom, marquant le lancement du renouvellement de sa flotte de trains à grande vitesse. En 2022, une commande de 15 rames supplémentaires est venue s’ajouter, dans le cadre du projet de développement de la SNCF sur le marché domestique italien. En 2025, SNCF Voyageurs a complété ses commandes avec 30 rames destinées à Eurostar Group et aux liaisons transmanche. Puis, en janvier, la SNCF a ajouté 15 TGV M supplémentaires pour 600 millions d’euros, notamment pour les liaisons entre la France et la Belgique.

Le voyage inaugural du 6 novembre, dont les détails figurent dans l’annonce relayée notamment par Le Figaro (https://www.lefigaro.fr/conjoncture/la-sncf-va-inaugurer-son-tgv-de-nouvelle-generation-sur-la-liaison-paris-marseille-le-6-novembre-20261014), marquera donc le point de départ commercial d’un actif de 4,6 milliards d’euros. Reste à savoir si le rythme des circulations et la montée en charge de la flotte permettront à la SNCF de capter rapidement le retour attendu, après dix ans d’investissement et de développement.

Questions-réponses

Quel train entre en service commercial le 6 novembre et sous quelles désignations est-il connu?

Le TGV M chez SNCF et TGV Avelia chez son constructeur Alstom, sous le nom commercial de TGV Nouvelle Génération.

Comment la commande de rames s'est-elle construite au fil des années?

Une première commande de 100 r en 2018, 15 en 2022 pour le marché italien, 30 en 2025 pour Eurostar Group et les liaisons transmanche, puis 15 rames en janvier pour 600 millions d'euros destinées aux liaisons France-Belgique.

Quels sont les principaux atouts économiques du nouveau train?

Elle offrait 740 places par rame, soit plus de 1400 passagers avec des rames doublées, 20% de capacité en plus, 20% d'énergie en moins et 32% de CO2 en moins.

Quelles ont été les étapes du report de la mise en service commerciale?

Initialement prévue pour les Jeux olympiques de Paris en 2024, elle avait été reportée à 2025, puis à janvier 2026, puis à l'été, et enfin à l'automne 2026.