Dimanche soir, à la veille de la journée presse du Mondial de l’Auto, Citroën a dévoilé la 2 CV concept à Paris Expo Porte de Versailles, où le salon ouvrira ses portes au public du 13 au 18 octobre. Mais l’essentiel se joue ailleurs : le constructeur s’est engagé sur un calendrier industriel précis. Un modèle de série est annoncé d’ici deux ans environ, avec une entrée dans la gamme en 2028. La fabrication est prévue en Europe, avec un prix de départ visé autour de 15 000 euros et un positionnement entre la Citroën Ami et la C3.
Sur le plan industriel, la marque mise sur une ingénierie de sobriété pour tenir ces objectifs. Le concept mesure 3,76 mètres, soit un peu moins que la 2 CV d’origine, et Citroën vise un poids d’environ une tonne. Cette légèreté permet, selon le constructeur, d’embarquer une batterie plus petite, dimensionnée pour les trajets du quotidien. Le flou subsiste toutefois sur la fiche technique : ni la capacité de la batterie, ni l’autonomie, ni la puissance du moteur n’ont été communiquées. Le modèle de série devra en outre se conformer à la future réglementation européenne E-Car, consacrée aux petites voitures électriques abordables, une contrainte normative qui encadrera directement sa conception.
La faisabilité économique repose en partie sur un partage des coûts de développement avec Fiat et Leapmotor, qui doivent proposer des modèles sur la même base. À 15 000 euros, la future 2 CV coûterait environ 5 000 euros de moins que la Citroën ë-C3, et se placerait aussi sous la Dacia Spring, vendue à partir de17 900 euros. Ce n’est pas un premier essai : en 2009, Citroën avait déjà présenté la Revolte, un concept-car imaginant une 2 CV moderne, restée sans suite industrielle.
« Réinventer la 2 CV, ce n’est pas reproduire une voiture du passé, c’est réinventer ce qui l’a rendue unique », explique Xavier Chardon, directeur général de Citroën, en citant « sa simplicité, son accessibilité et la liberté qu’elle offrait ». Un discours cohérent avec le prix et le gabarit annoncés.
À l’intérieur, les choix techniques traduisent cette recherche de réduction des coûts. La planche de bord est remplacée par un cylindre central qui porte le volant à une seule branche, un unique commodo, une commande de boîte de vitesses et un rangement. Les informations de conduite s’affichent sur un bandeau à la base du pare-brise, et un écran tactile carré de 8 pouces affiche des graphismes inspirés de la bande dessinée. Citroën a aussi prévu une radio amovible, baptisée Radioën, qui sert d’enceinte dans la voiture ou à l’extérieur.
La console centrale laisse place à un panier de rangement amovible, imprimé en 3D dans un plastique biosourcé et du bois. Les deux banquettes sont recouvertes d’un tissu écossais jaune, et celle de l’avant peut être sortie du véhicule pour servir de transat. Le toit en toile s’ouvre à la main, comme sur l’originale, une solution présentée comme un moyen de limiter le poids et le coût.
Le concept multiplie par ailleurs les références à la 2 CV de 1948. Le klaxon et le son de démarrage reprennent ceux de l’ancienne voiture, les pédales portent une tortue et un lapin, et les portes contiennent un rangement prévu pour transporter des œufs. Les chiffres 48, 90 et 26 sont inscrits sur le pare-brise, pour 1948, l’année de sa présentation, 1990, la fin de sa production, et 2026. À l’arrière, une plaque numérique affiche les surnoms de la 2 CV dans différents pays.
La carrosserie est peinte en Rouge Infra Red, un rouge orangé, et les jantes de 18 pouces imitent la tôle. Elles sont chaussées de pneus Michelin arborant un logo « Héritage », sur lesquels l’équipementier a intégré son « jumeau numérique du pneu », permettant à la voiture de surveiller en permanence l’état des pneus.
Reste à savoir si cette promesse d’une électrique abordable, fabriquée en Europe et livrable en 2028, tiendra les délais annoncés.