Le projet de loi de finances pour 2027 table sur 100 000 foyers supplémentaires identifiés automatiquement pour le chèque énergie, une montée en puissance qui s’accompagne d’une enveloppe financière revue à la hausse de 7 %. Cette augmentation est destinée, selon le texte, “à prendre en compte la dynamique du dispositif”.
Le chiffre de 100 000 bénéficiaires supplémentaires, évoqué par le gouvernement, repose sur l’amélioration du système de détection des foyers éligibles. Concrètement, le budget 2027 prévoit de nouveaux croisements entre les données des adresses électroniques et des numéros de téléphone enregistrés par les gestionnaires de réseau de distribution et les fournisseurs d’électricité. L’administration s’appuyait déjà sur certaines informations, comme les données fiscales et certaines données des fournisseurs d’énergie et des gestionnaires de réseau, sans parvenir pour autant à identifier l’ensemble des bénéficiaires potentiels.
Cette difficulté d’identification trouve son origine dans un choix de politique publique aux conséquences administratives directes : la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales a privé l’administration d’informations précieuses pour établir la liste des foyers pouvant recevoir automatiquement le chèque énergie. Depuis, repérer les ménages éligibles est devenu plus complexe, et certains d’entre eux doivent effectuer une demande pour toucher cette aide.
Les chiffres du dispositif illustrent ces fluctuations. En 2025, le nombre de bénéficiaires avait chuté, passant de 5,5 millions en 2024 à 3,8 millions, avant de remonter à 4,6 millions en 2026. Selon le projet de loi de finances, le dispositif “devrait bénéficier à 5,1 millions de ménages aux revenus modestes” en 2027. Une trajectoire en dents de scie qui traduit l’enjeu de fiabiliser le recensement automatique, tant pour les ménages concernés que pour la maîtrise de la dépense publique.
Le chèque énergie est une aide financière réservée aux ménages modestes, destinée à les aider à payer leurs dépenses d’énergie, qu’il s’agisse des factures de bois, de fioul, d’électricité ou de gaz. Au titre de l’année 2026, son montant était compris entre 48 et 277 euros, la somme exacte dépendant de la composition du ménage et de ses revenus. Pour y avoir droit, le Revenu fiscal de référence (RFR) de l’année n-2 doit être inférieur à 11 000 euros par unité de consommation. La première personne du foyer compte pour une unité de consommation, la seconde pour 0,5 unité, et les suivantes pour 0,3 unité chacune.
C’est l’Agence de services et de paiement (ASP) qui procède chaque année à l’envoi du chèque énergie, sans que les bénéficiaires n’aient, en principe, de démarches particulières à accomplir. Le calendrier pourrait toutefois évoluer : le gouvernement réfléchit à avancer la date d’envoi au début du mois de janvier 2027, au lieu du 1er avril comme c’était le cas en 2026. Un changement qui modifierait le rythme de décaissement de l’aide et son articulation avec les échéances de facturation des ménages.
Pour les foyers qui estiment être éligibles mais n’ont pas reçu le chèque, une voie de recours existe : une demande peut être effectuée sur le site officiel, chequeenergie.gouv.fr. Les personnes non identifiées automatiquement cette année pourraient d’ailleurs figurer parmi les 100 000 bénéficiaires supplémentaires recensés automatiquement en 2027, si l’objectif affiché par le gouvernement est atteint.
Avec ce projet de loi de finances, l’exécutif cherche à concilier deux objectifs : élargir et fiabiliser le recensement automatique des bénéficiaires, et ajuster l’enveloppe budgétaire à la hausse pour suivre l’évolution du dispositif. Reste à savoir si les nouveaux croisements de données permettront effectivement de retrouver le niveau de couverture perdu depuis la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales.