Stat’Phyto mobilise cette année 22 000 exploitations agricoles en France, dont 8 200 spécialisées en grandes cultures, tirées au sort de manière aléatoire. La collecte, obligatoire à l’échelle européenne et pilotée en France par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (MASA), est ouverte du 1er octobre au 18 décembre. L’enjeu économique est de premier ordre pour la profession : mieux connaître l’évolution des pratiques phytosanitaires et alimenter les indicateurs régionaux et nationaux qui orienteront les politiques publiques.
Ces politiques touchent directement le cœur du modèle économique des fermes. Les données recueillies éclairent les décisions en matière de transition agroécologique, de réduction des usages des produits phytopharmaceutiques et d’évolution des pratiques. Pour les exploitants concernés, l’enquête constitue un point de contact entre leur exploitation et le cadre réglementaire qui conditionne leurs charges d’intrants et leurs marges.
L’enquête porte sur les interventions phytosanitaires réalisées au cours de la campagne 2026. Les exploitations sélectionnées ont normalement reçu un mail ou un courrier du MASA les invitant à participer. Pour chaque parcelle, plusieurs informations sont demandées : date du traitement, produit utilisé, cible, dose et unité, volume de bouillie et surface traitée. Le ministère précise que les données transmises sont anonymisées et ne serviront pas de base à un contrôle a posteriori, une précision importante pour rassurer les opérateurs sur l’usage de leurs déclarations.
Le questionnaire peut être renseigné directement auprès du MASA. Mais une voie plus simple existe pour les exploitations déjà équipées d’un logiciel de traçabilité. Les outils MesParcelles, Géofolia ou SMAG permettent de s’appuyer sur les données déjà saisies dans le cadre du suivi technique des cultures. La conformité réglementaire devient ainsi un argument commercial pour les fournisseurs de services numériques agricoles.
MesParcelles va plus loin avec un nouveau service connecté, disponible sur le millésime 2026 sous l’appellation Stat’Phyto dans MesParcelles. Inclus dans l’abonnement existant, il facilite la transmission des données demandées par l’enquête. L’avantage est double pour les abonnés : gain de temps dans la démarche administrative et absence de coût supplémentaire.
Les exploitants en difficulté ne sont pas laissés seuls. Le conseiller de la Chambre d’agriculture peut les accompagner, et les abonnés MesParcelles peuvent solliciter le Centre de Services MesParcelles pour une aide dédiée. En Bretagne, plusieurs conseillers sont mobilisés sur ces questions : Anne-Thérèse Bilcot (Agronomie et Bassins versants), Aurélien Gouot, Philippe Lannuzel et Stéphanie Montagne (Agronomie, Protection des cultures et biodiversité).
Le calendrier compte pour les acteurs du secteur. La fenêtre de collecte se referme le 18 décembre, et les exploitations tirées au sort ont une obligation de participation. Au-delà de la contrainte administrative, l’enquête alimentera les indicateurs sur lesquels s’appuieront les futures décisions publiques en matière de produits phytopharmaceutiques, avec des conséquences directes sur les conditions d’exploitation et la compétitivité des fermes françaises. Les exploitations souhaitant approfondir le sujet peuvent consulter le site de référence à l’adresse suivante : https://bretagne.chambres-agriculture.fr/detail-actu/statphyto-une-enquete-pour-suivre-les-pratiques-phytosanitaires
La participation apparaît ainsi comme un investissement de temps modeste au regard de l’enjeu : façonner la base de données qui servira de fondement aux politiques agricoles des prochaines années.