Formation jésuite en Afrique : la JCAM évalue ses structures

Formation jésuite en Afrique : la JCAM évalue ses structures

À Nairobi, les Supérieurs majeurs passent au crible les capacités de formation

La formation des jésuites d’Afrique et de Madagascar entre dans une phase d’évaluation opérationnelle de ses structures. Réunis du 21 au 25 octobre 2026 à la Maison AFRICAMA à Nairobi, au Kenya, les Supérieurs majeurs de la Conférence des jésuites d’Afrique et de Madagascar (JCAM) ont consacré leur 73e Assemblée plénière à un constat précis : le nombre de jeunes jésuites en formation ne cesse d’augmenter, et les infrastructures actuelles doivent être évaluées et renforcées pour absorber cette croissance.

La pièce maîtresse des travaux est un document intitulé Vers une vision de la formation pour la JCAM. Il appelle à une approche renouvelée et mieux coordonnée de la formation à travers l’Afrique et Madagascar, reconnaissant la croissance remarquable des vocations au sein de la Conférence ainsi que les responsabilités qu’elle engendre pour les Provinces. Ces dernières sont appelées à garantir une formation enracinée dans la spiritualité jésuite, intellectuellement rigoureuse et pastoralement pertinente.

Le cœur des débats a porté sur l’état des infrastructures elles-mêmes. Une attention particulière a été accordée aux centres de formation communs, alors que le nombre de jésuites en formation progresse continuellement. Les Supérieurs majeurs ont examiné la viabilité des structures existantes, aussi bien au niveau du noviciat que des études de philosophie et de théologie. Ils ont également étudié les moyens de renforcer la coopération interprovinciale dans la préparation des formateurs et dans l’accompagnement des jésuites aux différentes étapes de leur parcours.

Le facteur humain du dispositif a lui aussi été passé en revue. Une formation efficace dépend de formateurs qualifiés et dévoués, et les discussions ont porté sur l’identification, la préparation et le soutien des jésuites appelés à exercer des ministères de formation. Le renforcement du réseau de formateurs au sein de la Conférence vise à garantir que les générations futures reçoivent l’accompagnement nécessaire à leur épanouissement personnel et apostolique. Un thème récurrent de l’assemblée a été la nécessité d’une plus grande collaboration entre les Provinces, par le partage des ressources, de l’expertise et du personnel.

Le bien-être des jésuites en formation a fait l’objet d’une séance dédiée, avec des échanges sur l’accompagnement psycho-spirituel, la protection et les nouveaux défis auxquels sont confrontés les jeunes religieux. Ces discussions ont traduit un engagement en faveur d’environnements sains et bienveillants, où chacun peut grandir dans la foi, la liberté, le discernement et la fidélité à sa vocation.

Meanwhile, les participants ont pris la mesure d’un contexte de mission en mutation. La transformation technologique et l’intelligence artificielle, les changements dans les dynamiques sociales et les défis écologiques figurent parmi les réalités que la formation doit intégrer. Les Supérieurs majeurs ont souligné qu’elle doit doter les jésuites non seulement de connaissances théologiques et philosophiques, mais aussi de la capacité de s’engager de manière créative et responsable face aux enjeux complexes de la société contemporaine.

Au-delà de la formation, l’assemblée a reçu des comptes rendus sur les initiatives de la Conférence et ses institutions dans l’enseignement supérieur, l’éducation populaire, la planification apostolique et le renouveau organisationnel. Ces rapports ont illustré l’étendue de la mission de la JCAM et l’interdépendance de ses ministères à travers le continent et Madagascar. Les Supérieurs majeurs ont aussi découvert la mission jésuite en Algérie.

La plénière s’est conclue sur une conviction claire : l’avenir de la formation jésuite ne peut reposer sur les seuls efforts de chaque Province. Il faut une vision commune, une coopération plus étroite et un engagement renouvelé pour former des jésuites équilibrés, au service de l’Église et de la société avec compétence, compassion et fidélité à la tradition ignatienne. Cette 73e plénière a marqué une étape importante vers cette vision commune au sein de la Conférence.

L’assemblée a par ailleurs été attristée par l’annonce du décès du père Masawe, Conseiller Général ad Providentiam auprès du Père Général à Rome. À la suite de cette perte, le Père Général Arturo Sosa a annulé sa participation prévue à l’assemblée. Les condoléances vont au Père Général et à son équipe à la Curie Générale, aux jésuites de la Province AOR ainsi qu’à toute la famille du défunt.

Reste à savoir comment les Provinces traduiront concrètement cette vision commune en structures renforcées et en formateurs disponibles pour les cohortes croissantes de jeunes jésuites.

Questions-réponses

Où et quand s'est tenue la 73e Assemblée plénière de la JCAM ?

Du 21 au 25 octobre 2026, à la Maison AFRICAMA à Nairobi, au Kenya.

Quel constat opérationnel a motivé les travaux de l'assemblée ?

Évaluer et renforcer les infrastructures de formation (noviciat, philosophie, théologie) pour absorber la croissance continue du nombre de jésuites en formation, et définir une vision commune et mieux coordonnée de la formation.

Quels leviers ont été examinés pour renforcer le dispositif de formation ?

Renforcer la coopération interprovinciale, le partage des ressources, de l'expertise et du personnel, ainsi que l'identification, la préparation et le soutien des formateurs au sein de la Conférence.

Quel événement a assombri l'assemblée ?

Le père Masawe, Conseiller Général ad Providentiam auprès du Père Général à Rome, est décédé ; le Père Général Arturo Sosa a annulé sa participation prévue à l'assemblée.