Le G20 termine ses travaux sans communiqué face aux divergences

Les ministres des Affaires étrangères quittent Atlanta sans accord commun

Le G20 termine ses travaux sans communiqué face aux divergences

La réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 s’est achevée samedi à Atlanta, aux Etats-Unis, sans communiqué conjoint. Les participants n’ont pas réussi à trouver un consensus sur les grandes questions géopolitiques et de sécurité économique mondiales. Cet échec diplomatique survient dans un contexte marqué par la crise ukrainienne et le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran, et il interroge la capacité du groupe à exercer son rôle de coordination au sein de la gouvernance internationale.

Présidée par le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, la rencontre de deux jours a porté sur les tensions géopolitiques, la sécurité énergétique et les chaînes d’approvisionnement. En conférence de presse de clôture, M. Rubio a mis en avant la liberté de navigation dans les voies maritimes clés, notamment le détroit d’Ormuz et la mer Noire, ainsi que les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques et la sécurité alimentaire. Selon lui, les participants reconnaissaient l’importance de ces questions mais restaient divisés sur les solutions à y apporter. “Je ne prétendrai pas aujourd’hui que nous sommes près de trouver des solutions universellement acceptées à ces problèmes”, a-t-il admis face aux journalistes.

Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu, a pour sa part déclaré à la réunion que la situation internationale connaissait des changements profonds, que les situations géopolitiques étaient tendues et que le programme de développement accusait un sérieux retard. Il a rappelé que l’Initiative pour la sécurité mondiale proposée par la Chine défend une vision de sécurité commune, globale, coopérative et durable, et a joué un rôle important pour aider à résoudre les différends internationaux et régionaux.

M. Ma a exhorté le G20 à assumer ses responsabilités et à servir de force pour préserver la paix et la stabilité mondiales, à contribuer à apaiser les tensions sur les points chauds régionaux, à s’attaquer aux causes profondes des conflits et à renforcer la gouvernance mondiale de la sécurité. Il a souligné que la Chine soutenait le groupe dans l’approfondissement de la coopération visant à garantir la sécurité énergétique et à parvenir à un développement durable, à améliorer continuellement l’accessibilité énergétique, à promouvoir la transformation de la structure énergétique et à améliorer la gouvernance mondiale de l’énergie. Il a également appelé les membres du G20 à prendre des mesures concrètes pour maintenir la stabilité et le bon fonctionnement des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales.

Les divisions sont toutefois restées profondes sur des questions telles que la crise ukrainienne, le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran et les politiques tarifaires américaines. Plusieurs représentants ont indiqué que ces questions avaient fait grimper fortement les coûts mondiaux des carburants et accru l’incertitude dans le commerce mondial. Ils ont aussi exprimé leurs inquiétudes quant à la possibilité que les Etats-Unis lancent une nouvelle frappe militaire contre l’Iran après les élections de mi-mandat du 3 novembre, ainsi qu’à la possibilité de représailles iraniennes.

Des choix organisationnels du pays hôte ont en outre alimenté les tensions. Le jour de l’ouverture, les Etats-Unis ont brusquement annulé la traditionnelle photo de groupe des ministres des Affaires étrangères. Des représentants de certains pays européens, d’Australie et du Canada se seraient opposés à poser aux côtés du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. La décision de Washington de ne pas inviter l’Afrique du Sud, membre du G20 qui a assuré la présidence tournante du groupe l’année dernière, a elle aussi suscité des divisions.

Le président américain Donald Trump accueillera le sommet des dirigeants du G20 à Miami, en Floride, en décembre, et a invité le président russe Vladimir Poutine. M. Rubio a déclaré samedi que la Russie n’avait pas encore confirmé si M. Poutine assisterait à la réunion.

Questions-réponses

Pourquoi la réunion du G20 s'est-elle achevée sans communiqué conjoint ?

Les participants n'ont pas trouvé de consensus sur les grandes questions géopolitiques et de sécurité économique mondiales, notamment la crise ukrainienne, le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran et les politiques tarifaires américaines.

Qui a présidé la réunion et quels thèmes y ont été abordés ?

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a présidé cette réunion de deux jours, qui a porté sur les tensions géopolitiques, la sécurité énergétique et les chaînes d'approvisionnement.

Quels choix organisationnels du pays hôte ont alimenté les tensions ?

L'annulation soudaine de la photo de groupe, l'opposition de certains pays européens, de l'Australie et du Canada à poser aux côtés de Sergueï Lavrov, et la décision de Washington de ne pas inviter l'Afrique du Sud.

Que sait-on du prochain sommet des dirigeants du G20 ?

Donald Trump accueillera le sommet des dirigeants du G20 à Miami, en Floride, en décembre, et a invité le président russe Vladimir Poutine, dont la participation n'est pas encore confirmée.